vendredi 21 septembre 2012

Quelques centaines de raisons de revenir...

1er Juillet 2012

00h39. Assise sur un futon, mon futon pour les deux semaines à venir.
L'appréhension n'a pas encore tout à fait disparu, mais je sais que cela ira mieux les jours passant.
La famille d'accueil y est pour quelque chose.
Accueillante, avenant et le sourire aux lèvres pour elle.
Plus calme mais tout aussi rassurant pour lui.
Et un chien.
Jet lag oblige, je ne ressens pas encore l'heure tardive.
Cependant, le voyage m'a épuisée.
Épuisée et ravie...

22h44. Je commence peu à peu à prendre entièrement conscience que je suis au Japon.
Je suis au Japon, dans une famille japonaise, entourée de tout un tas de choses qui me font rêver.
Une fois de plus, mes hôtes se montrent rassurants, compréhensifs, adorables.
Direction Kyoto, pour visiter un temple.
De la ville historique, je n'aurai vu que ledit temple, le temps d'une visite assez rapide, confirmant le cliché du touriste asiatique. La visite me permet de découvrir le Pavillon Doré du Rokuon-ji Temple et d'assister à une cérémonie du thé touristique.
Visite express qui ne fait que me donner envie de retourner dans la ville, plus tard, plus longtemps.
En route, je découvre les stations d'autoroute japonaises, je dors, je vois mon premier Shinkansen...
J'en oublie la pluie, qui nous a accompagnée jusqu'à la fin de la journée.
Retour à Gifu, avec un crochet par une boulangerie et par un magasin où tout est à 100yens.
Enfin, j'apprends comment me rendre et rentrer à/de l'école.
La chance me sourit encore : un autre étudiant français loge dans les environs et la mère de sa famille nous conduira à l'école demain matin.

2 Juillet 2012.
03h40. Cela fait maintenant une heure que je me tourne et me retourne dans mon lit sans parvenir à retrouver le sommeil. J'ai trop dormi dans la voiture, le jet lag fait encore effet sur moi, je suis trop excitée. L'habile mélange de ces trois ingrédients a fait fuir mon sommeil et je sais que je le ressentirai ce soir.
11h22. Je sors à la fois frustrée et peu étonnée du test de japonais. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas revu mes alphabets, trop longtemps que je n'ai pas revu mes cours.
La certitude qui m'accompagne cependant depuis le début de mon voyage n'est pas ébranlée.
Au point où j'en suis, je ne peux qu'apprendre et m'améliorer.
18h09. Assise dans le train vers Mino-Akasaka et remplie de nouvelles connaissances...
Les bus sont assez étranges ici. L'entrée ne se fait que par la porte du milieu, où l'on prend un ticket. Et ce n'est qu'en sortant que l'on paye, selon la distance parcourue. Les bus sont particulièrement chers ici. ¥8.200 pour 26tickets, soit 82€... Additionnés aux tickets de train, cela revient à quelques ¥11.800... 118€ de transports pour 15jours...
Premier coup d’œil au Mall qui borde la gare.
Je manque encore d'assurance, mais je sais que dans quelques jours je me sentirai plus à l'aise...
J'espère.

3 Juillet 2012.
09h10. La chaleur d'hier a été chassée par la pluie, qui semble s'être installée pour la journée.
21h31. Un repas japonais c'est trois féculents, de la viande, du poisson, des légumes vinaigrés et du thé. Je dois remercier mon éclair de génie -ou de lucidité- qui m'a soufflé de ne pas acheter de goûter avant de rentrer...
Les cours commencent réellement demain et comme je le présageai, je suis du groupe des débutants. Des débutants qui sont tout de même capables de se faire comprendre voire d'exprimer une idée à leur interlocuteur... Des débutants en ce qui concerne l’écriture également.
Hors des cours, l'anglais et le suédois font loi et réunissent tout le monde. Excellent occasion de pratiquer la première langue et d'écouter la seconde.
La fin de l'après-midi m'a permis de fait mes premières acquisition à ¥100 chacune...

4 Juillet 2012.
7h02. T-shirt ou par-dessus jaune canari, banderole de la même couleur, mégaphone sur pied portable. Placé devant la gare, le groupe de trois hommes commence à tracter les passants, qui acceptent rarement le papier qu'ils leur tendent.
Jupe plissée et chemise aux manches courtes. Debout à côté de moi, la collégienne -ou lycéenne- prend son portable à clapet où pend un colossal strap poilu.
Je ne sais pas si cette réalité a inspiré téléfilms, films et drama japonais ou si c'est l'inverse. Ce dont je suis cependant maintenant sûre, c'est que les figures clichées que je voyais dans ces fictions ne sont pas que des clichés mais bien des réalités...
22h13...

5 Juillet 2012.
08h33. La chaleur et le soleil d'hier ont laissé place à un temps couvert, chaud et moite...

6 Juillet 2012.
15h33. Pas loin de l'école, une fois le pont vers Ogaki traversé, une promenade ombragée longe le canal creusé en cas de crue.
Le long de la promenade un quartier scandaleusement calme, bordé de deux axes routiers très fréquentés et bruyants.
Au bout de la promenade, un château. Construction de faible proportions qui montre fièrement sons style féodal.
Derrière le château bordé de verdure, un temple shinto.
Soudain, le bruit des voitures disparaît, laissant les oiseaux, les grillons et le cours d'eau prendre la relève.
Les arbres semblent accueillir les constructions humaines.
Le sol encore humide et l'air légèrement moite dégagent une odeur d'été, d'humus et de pluie.
Je ferme les yeux...
16h04. Le long de la promenade, un quartier scandaleusement calme bordé de deux axes routiers très fréquentés et bruyants.
Quartier qui cache des temples shinto et bouddhistes.
Constructions ouvertes, de nature accueillant l’œuvre humaine, d'une terrible simplicité, d'une beauté calme, d'une sérénité primaire.
Constructions élevées, cachant jalousement des secrets loin de nos yeux, où la nature est modelée pour compléter le bois et la pierre taillés, d'une élégance géométrique, d'un calme où la tension fait loi.
Je ferme les yeux...
16h41. La pluie s'invite peu à peu puis se transforme en averse...
Ici, chaleur rime avec pluie.

7 Juillet 2012.
11h37. Retour du supermarché.
Je passe trois jours à la résidence et il a donc fallu que j'aille faire des courses pour me nourrir...
Le supermarché était énorme... Différent... Japonais...
Rayons immenses de poissons, produits de la mer, tofu, riz, bières, sauces asiatiques et même eau...
Difficile de se décider face à tous ces produits nouveaux...
Il faut que je vive au Japon...
Ma réflexion m'a semblé puérile, gourmande, curieuse, sensée, sans fondement, évidente...
11h50. En face du rice cooker de la kitchenette.
Gris et argenté. 20Cm de largeur, 30cm de longueur et encore 20cm de hauteur. 6 boutons. Un écran d'indication. Le tout en katakana et en kanjis.
Je verse une dose de riz cru dans le contenant avant de laver les grains blancs.
Je remet le récipient dans le rice cooker, avec son riz à cuir et de l'eau.
J'appuie sur le bouton aux écritures rouges et lance une brève prière... Faites que ça ne me saute pas à la figure...
13h23. Je découvre la pâte de haricots blanche dans une petite pâtisserie.
14h50. De retour au château d'hier. Appareil photo à la main, carnet de notes/dessins/cours dans l'autre.
Le vent qui rafraîchit la journée ensoleillée agite la surface de l'eau. L'immobilité du d'eau d'hier qui permettait au ciel de s'y réfléchir a disparu, et avec, les clichés que j'avais prévu de prendre...
L’endroit n'en reste pas moins envoûtant.
19h08. Le soleil prend son temps pour se coucher et le le ciel et les nuages prennent de jolies teintes pastelles.
Du premier étage de la résidence, je contemple les rizières qui entourent l'école et la chaîne de montagnes, au loin.
Si j'étais restée plus longtemps, j'aurai pris quelques jours pour aller me balader sur l'une de ces hauteurs...
Si j'étais restée plus longtemps, j'aurai sûrement fait tout un tas de découvertes... Cela fait quelques centaines de raisons qui me poussent à revenir sur l'archipel...

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