Samedi 5 Mai 2012
8h45. Après avoir descendu la longue
rue marchande bordée de bâtiments de deux à trois étages,
magnifiquement ornés et sculptés et arborant fièrement le drapeau
français et un drapeau jaune et rouge ; après avoir descendu
cette rue donc, j'aboutis face à la statut de l'héroïne. De
profil, sur son cheval, armure au corps, épée au poing, traits
fins, féminins, Jeanne d'Arc.. L'image de la statue de Louis XIV sur
la place Bellecour me vient en tête. En souriant, je ne peux
m'empêcher de penser que nous célébrons cette jeune femme qui
s'est battue pour rétablir le roi de France quand nous nous sommes
battus pour couper la tête de son lointain héritier. C'est sûrement
ce qu'on appelle l'ironie du sort.
Sur cette grande place encore vide à
cette heure de la journée, un manège, dédié aux machines de Jules
Verne et à St Exupéry, une petite fontaine dans laquelle baigne
allègrement un parapluie. Je m'assied sur le rebord de pierre
froide.
8h55. Je me fais aborder par une femme,
pochette et brochures à la main... Je sais déjà ce qu'elle veut...
Quelques minutes plus tard, elle repart, m'ayant laissé un dépliant
que je lirai sûrement plus tard non sans amusement.
8h58. Une petite boule de plumes se
pose devant moi et piaille quelques temps avant de s'éloigner en
sautillant.
9h01. Les jets d'eau de la fontaine
s'allument et l'eau se trouble... Je n'ai pas eu le temps de prendre
le parapluie en photo.
9h04. Doucement, la place se réveille.
Je repars.
9h10. Je débouche sur une rue et en
tournant la tête à droite, je découvre de gigantesques drapeaux
qui l'encadrent.
Je regarde à gauche... Au bout de la
rangée de drapeaux, Elle s'élève parmi la brume, encore à moitié
invisible. La matinée cache encore Son arrogance mais je sais que
cela ne durera pas. J'immortalise ces quelques moments où Ses deux
tours et Sa flèche se perdent encore dans le brouillard de la nuit.
9h15. Le carillon à la voix cassée
sonne.
Je me rapproche.
Elle est belle. A la fois simple et
suffisante.
Étrangement, parfaitement symétrique.
Étroitement liée à l'histoire de
Jeanne d'Arc, la Cathédrale Sainte Croix m'envoûte.
9h32. Je ne peux m'empêcher de penser
à cet ami étudiant en architecture qui aime tant les visites des
monuments de l'Histoire. Il aimerait sûrement la Cathédrale...
Il aimerait sûrement cette ville.
9h35. Assise sur le rebord d'une
fontaine ornée d'une statue représentant deux hommes-poissons
portant un plateau surmonté d'un petit enfant et d'une oie
(peut-être un cygne, je ne vois la sculpture que de dos).
Je tourne la tête vers le
Conservatoire de Musique.
9h36. Un chevalier et son écuyer,
accompagnés d'une damoiselle sortent du « Lutétia »,
restaurant qui ouvre sur la place de la Cathédrale.
Jeanne d'Arc à 600ans... Chaque année,
la ville célèbre son héroïne, mais cette année sera
particulièrement fastueuse.
9h51. Après un bref passage par
l'Office de Tourisme je ressors dans la rue et entre dans le
Conservatoire. Salle de l'Institut. La salle est à la fois belle et
laide, ornée et vide. Vestige fantomatique d'une fastueuse salle de
spectacle du passé. Au fond de la petite scène en demi-cercle, un
piano à queue recouvert de sa couverture.
10h. La salle se remplit timidement.
D'une jauge de quelques 300 sièges, elle paraît démesurément
grande pour les quelques auditeurs plus ou moins passionnés.
10h05. A cour, une petite porte
s'entrouvre, mais personne n'en sort.
10h10. Un homme en tenue traditionnelle
nippone entre...
Je suis ailleurs. A la fois émue, sans
voix, triste et heureuse.
12h43. Je sors de la Cathédrale.
L'intérieur est immense. D'un style - comme je le pensais –
gothique. Un certain nombre de vitraux manquent, mais l'édifice n'en
reste pas moins impressionnant. Je regrette simplement qu'il n'y ai
pas plus de soleil. Il fait très froid dans la Cathédrale.
12h50. Je commence à faire le tour de
la Cathédrale par l'extérieur. Je m'arrête sur un rebord en pierre
en chemin pour écrire un peu.
12h55. Quelques rayons de soleil
percent à travers les nuages et chauffent le haut de mon crâne.
13h00. La cloche chaleureuse de la
Cathédrale sonne.
13h05. Dans un coin de la Cathédrale
je découvre un amusant message.
13h20. Au détour d'une petite ruelle,
je découvre un cour avec un puits, le tout agrémenté de fleurs et
de plantes grimpantes.
13h30. Je contemple la Loire.
Le fleuve est impétueux, d'un
vert-marron peu flatteur. Il n'en demeure pas moins imposant.
13h32. Il commence à pleuvoir, d'une
petite pluie qui ne contraint pas à aller s'abriter mais qui risque
d'être froide et désagréable à la longue.
15h40. Je sors du Campo Santo, grande
pelouse verte entourée de murs assez anciens ;
vraisemblablement l'ancien jardin d'une grand cloître. LE lieu a été
aménagé en grande foire médiévale, le temps des fêtes en
l’honneur de la grande Jeanne. L'endroit est quelque peu festif,
mais la loi du marché est présente à tous les étals et seules
quelques rares animations viennent égayer le tout. La paille au sol,
la musique médiévale, les costumes d'époque des vendeurs
parviennent à peine à me plonger dans leur univers.
Je repars à la fois contente et déçue.
15h45. Un chausson aux pommes à la
main, je redescend dans l ville afin de découvrir de nouvelles
choses.
16h12. Je m'arrête devant l'église.
Grise, morne, abîmée par le temps. Des panneaux d'informations
délavés, vieillis par le soleil et la pluie m'indiquent qu'à une
époque l'église faisait partie du circuit touristique de la ville.
Je déchiffre difficilement les pauvres indications du panneau.
16h15. La Cathédrale sonne le premier
quart de l'heure. Je décide de retourner la voir une dernière fois
avant de remonter vers la gare.
16h52. Je ne suis pas repassé devant
la Cathédrale préférant arpenter les rues de la ville et découvrir
de nouvelles façades.
Je refait un crochet par le marché
médiéval pour acheter un pain « d'époque », parce que
ça me fait rire.
Je remonte doucement les rues pour
retrouver la gare.
17h21. Je monte dans le train sous une
pluie battante.
D'ici, les beautés de la ville me sont
cachées.
17h28. Le train quitte doucement la
gare, sans a coup.
De ce côté de la gare, la ville est
grise, moche.
Je me remémore quelques instants toue
la beauté qui s'est présentée à moi dans la journée.
Je souris et dis un dernier au revoir
silencieux à Orléans.
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