jeudi 20 septembre 2012

Dans la cité de la grande Jeanne...

Samedi 5 Mai 2012


8h45. Après avoir descendu la longue rue marchande bordée de bâtiments de deux à trois étages, magnifiquement ornés et sculptés et arborant fièrement le drapeau français et un drapeau jaune et rouge ; après avoir descendu cette rue donc, j'aboutis face à la statut de l'héroïne. De profil, sur son cheval, armure au corps, épée au poing, traits fins, féminins, Jeanne d'Arc.. L'image de la statue de Louis XIV sur la place Bellecour me vient en tête. En souriant, je ne peux m'empêcher de penser que nous célébrons cette jeune femme qui s'est battue pour rétablir le roi de France quand nous nous sommes battus pour couper la tête de son lointain héritier. C'est sûrement ce qu'on appelle l'ironie du sort.
Sur cette grande place encore vide à cette heure de la journée, un manège, dédié aux machines de Jules Verne et à St Exupéry, une petite fontaine dans laquelle baigne allègrement un parapluie. Je m'assied sur le rebord de pierre froide.
8h55. Je me fais aborder par une femme, pochette et brochures à la main... Je sais déjà ce qu'elle veut... Quelques minutes plus tard, elle repart, m'ayant laissé un dépliant que je lirai sûrement plus tard non sans amusement.
8h58. Une petite boule de plumes se pose devant moi et piaille quelques temps avant de s'éloigner en sautillant.
9h. Le carillon usé d'une cloche sonne.
9h01. Les jets d'eau de la fontaine s'allument et l'eau se trouble... Je n'ai pas eu le temps de prendre le parapluie en photo.
9h04. Doucement, la place se réveille. Je repars.
9h10. Je débouche sur une rue et en tournant la tête à droite, je découvre de gigantesques drapeaux qui l'encadrent.
Je regarde à gauche... Au bout de la rangée de drapeaux, Elle s'élève parmi la brume, encore à moitié invisible. La matinée cache encore Son arrogance mais je sais que cela ne durera pas. J'immortalise ces quelques moments où Ses deux tours et Sa flèche se perdent encore dans le brouillard de la nuit.








9h15. Le carillon à la voix cassée sonne.
Je me rapproche.
Elle est belle. A la fois simple et suffisante.
Étrangement, parfaitement symétrique.
Je La regarde encore et encore, ne pouvant rassasier mes yeux de sa beauté.
Étroitement liée à l'histoire de Jeanne d'Arc, la Cathédrale Sainte Croix m'envoûte.
9h32. Je ne peux m'empêcher de penser à cet ami étudiant en architecture qui aime tant les visites des monuments de l'Histoire. Il aimerait sûrement la Cathédrale...
Il aimerait sûrement cette ville.
9h35. Assise sur le rebord d'une fontaine ornée d'une statue représentant deux hommes-poissons portant un plateau surmonté d'un petit enfant et d'une oie (peut-être un cygne, je ne vois la sculpture que de dos).
Je tourne la tête vers le Conservatoire de Musique.
9h36. Un chevalier et son écuyer, accompagnés d'une damoiselle sortent du « Lutétia », restaurant qui ouvre sur la place de la Cathédrale.
Jeanne d'Arc à 600ans... Chaque année, la ville célèbre son héroïne, mais cette année sera particulièrement fastueuse.
9h51. Après un bref passage par l'Office de Tourisme je ressors dans la rue et entre dans le Conservatoire. Salle de l'Institut. La salle est à la fois belle et laide, ornée et vide. Vestige fantomatique d'une fastueuse salle de spectacle du passé. Au fond de la petite scène en demi-cercle, un piano à queue recouvert de sa couverture.
10h. La salle se remplit timidement. D'une jauge de quelques 300 sièges, elle paraît démesurément grande pour les quelques auditeurs plus ou moins passionnés.
10h05. A cour, une petite porte s'entrouvre, mais personne n'en sort.
10h10. Un homme en tenue traditionnelle nippone entre...

12h09. Je quitte le Conservatoire.
Je suis ailleurs. A la fois émue, sans voix, triste et heureuse.
12h43. Je sors de la Cathédrale. L'intérieur est immense. D'un style - comme je le pensais – gothique. Un certain nombre de vitraux manquent, mais l'édifice n'en reste pas moins impressionnant. Je regrette simplement qu'il n'y ai pas plus de soleil. Il fait très froid dans la Cathédrale.
12h50. Je commence à faire le tour de la Cathédrale par l'extérieur. Je m'arrête sur un rebord en pierre en chemin pour écrire un peu.
12h55. Quelques rayons de soleil percent à travers les nuages et chauffent le haut de mon crâne.
13h00. La cloche chaleureuse de la Cathédrale sonne.
13h05. Dans un coin de la Cathédrale je découvre un amusant message.
13h20. Au détour d'une petite ruelle, je découvre un cour avec un puits, le tout agrémenté de fleurs et de plantes grimpantes.
13h30. Je contemple la Loire.
Le fleuve est impétueux, d'un vert-marron peu flatteur. Il n'en demeure pas moins imposant.
13h32. Il commence à pleuvoir, d'une petite pluie qui ne contraint pas à aller s'abriter mais qui risque d'être froide et désagréable à la longue.
15h40. Je sors du Campo Santo, grande pelouse verte entourée de murs assez anciens ; vraisemblablement l'ancien jardin d'une grand cloître. LE lieu a été aménagé en grande foire médiévale, le temps des fêtes en l’honneur de la grande Jeanne. L'endroit est quelque peu festif, mais la loi du marché est présente à tous les étals et seules quelques rares animations viennent égayer le tout. La paille au sol, la musique médiévale, les costumes d'époque des vendeurs parviennent à peine à me plonger dans leur univers.
Je repars à la fois contente et déçue.
15h45. Un chausson aux pommes à la main, je redescend dans l ville afin de découvrir de nouvelles choses.
16h12. Je m'arrête devant l'église. Grise, morne, abîmée par le temps. Des panneaux d'informations délavés, vieillis par le soleil et la pluie m'indiquent qu'à une époque l'église faisait partie du circuit touristique de la ville. Je déchiffre difficilement les pauvres indications du panneau.
Église Saint-Aignan. A moins de 300mètres de la Cathédrale, le bâtiment semble oublié, par les touristes comme par la ville. J’essaye d'accéder à une crypte, indiquée par le panneau, mais des barreaux de métal m'en empêchent. Je retourne devant l'église et pousse la petite porte d'entrée qui résiste obstinément. Ce n'est visiblement plus un monument ouvert au public.
16h15. La Cathédrale sonne le premier quart de l'heure. Je décide de retourner la voir une dernière fois avant de remonter vers la gare.
16h52. Je ne suis pas repassé devant la Cathédrale préférant arpenter les rues de la ville et découvrir de nouvelles façades.
Je refait un crochet par le marché médiéval pour acheter un pain « d'époque », parce que ça me fait rire.
Je remonte doucement les rues pour retrouver la gare.
17h21. Je monte dans le train sous une pluie battante.
D'ici, les beautés de la ville me sont cachées.
17h28. Le train quitte doucement la gare, sans a coup.
De ce côté de la gare, la ville est grise, moche.
Je me remémore quelques instants toue la beauté qui s'est présentée à moi dans la journée.
Je souris et dis un dernier au revoir silencieux à Orléans.

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