vendredi 21 septembre 2012

Aventures aéroportuaires

29 Juin 2012

15h05. Le vol était prévu à 13h40. La Mongolie refuse que l'avion survole son espace aérien aussi nous voilà coincés au sol. Les relations sino-mongoles ont sûrement quelque chose à voir avec cela, mais je n'en suis pas tout à fait sûre, et je préfère ne pas me triturer l'esprit avec de telles questions.
A Shanghai, ma correspondance d'un peu plus de deux heures me semble sérieusement mise en danger. Je n'ai pas encore de carte d'embarquement, je ne connais pas l'aéroport, et si par chance je parviens à avoir ma correspondance, je ne saurai qu'à l'arrivée si ma valise a eu tant de chance.
15h14. A travers le hublot, j’aperçois un dôme en pierre. Présence étrange, presque incongrue au milieu de ce paysage de goudron, de vestes fluos, de tôle blanche et de containers.
15h17. L'agitation monte peu à peu. Le personnel de bord décide de proposer des rafraîchissements aux passagers.
15h25. Un verre d'orange dans une main, mon billet dans l'autre, je me demande comment je vais finir mon voyage.
15h40. Que dire de plus ?
15h45. Après les boissons, c'est une collation qu'on nous apporte.
Quoi qu'il en soit, je ne suis plus tranquille du tout.
15h52. Correction. Après les boissons, c'est un repas complet qu'on nous apporte.
16h39. Je relève la tête de mon petit guide de japonais...
La moitié des passagers s'est levée, des groupes de discussion se sont formés...
Quelque chose me dit que nous ne sommes pas prêts de partir et que je vais devoir attendre quelques heures de plus avant d'atteindre la destination tant attendue.
17h40. L'avion s'ébranle ; rejoins la piste de décollage et s'arrache au sol... Enfin.

30 Juin 2012

3h16 / 9h16. Les lumières de la cabine se rallument. Nous arriverons dans une heure et quarante-cinq minutes.
Après une nuit entrecoupée de turbulences, de pleurs d'enfants, ou tout simplement d'encas, je sors difficilement de ma torpeur, d'autant plus que je venais juste de trouver une position confortable. Typique.
Comme le dîner et l'encas de la veille, le petit-déjeuner est insipide.
4h25 / 10h25. L'atterrissage est annoncé dans trente-cinq minutes.
L'anglais du personnel de bord est tellement approximatif que je ne sais toujours pas ce qui m'attend à Shanghai.
14h55. Tranquillement assise dans un café cosy de l'aéroport, avec du thé et une part de cheesecake à la mangue, je révise les phrases et expressions basiques dont j'aurai sûrement besoin.
La sortie de l'avion et l'arrivée à l'aéroport ne présageaient portant pas une fin aussi calme.
Sans information aucune, ou plutôt sans information dans une autre langue que le mandarin, nous avons quitté l'avion et suivi celui qui était devant nous, véritables moutons égarés, dans les couloirs blancs et propres.
Puis nous avons passé la douane, ce qui n'était absolument pas au programme. Sans visa, sans avion, sans indication et bientôt sans passeport.
Enfin, des employés s'adressent à nous dans un anglais plus ou moins bon. Tout ce que j'en tire comme information est qu'ils n'en savent pas plus que moi et que tant que la situation ne présentera pas de solution, ils garderont les passeports.
Une heure d'attente avant que les plus téméraires, fatigués, nerveux ne commencent à bousculer les douaniers.
Finalement, on nous envoie chercher nos bagages.
Lorsque je reviens, la situation semble miraculeusement se débloquer.
Je récupère mon passeport et gagne un visa chinois par la même occasion. Puis on nous renvoie à un comptoir pour faire enregistrer nos bagages.
Je ressors de cet épisode avec un billet pour Nagoya, qui commence l'embarquement dans plus de quatre heures.
En attendant, je joue la traductrice, je visite l'aéroport, j'en sors quelques minutes. Finalement, je choisi un café dont les fauteuils écrus me tentent ; il est alors 14heures et je suis la seule à commander autre chose qu'un menu complet.
17h04. Rattrapée par la fatigue, je me suis endormie dans la salle d'attente pour le vol vers Nagoya, avec un indubitable manque d'élégance.
C'est le son d'un harmonica qui me réveille doucement.
Assis dans un coin de la pièce, un homme joue doucement des chansons nostalgiques.
Autour de moi, le nombre de voyageurs chinois a considérablement baissé, remplacés par des japonais qui rentrent chez eux.
18h28. Assise à la fenêtre, je regarder les avions qui décollent, alors que le notre s'ébranle et avance doucement vers la piste...
18h39. Un avion de China Southern se lance sur la piste et c'est avec un sentiment de bonheur mêlé d'appréhension que je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le coin de mon hublot. J'aime toujours autant cette sensation.
18h41. Un avion de DragonAir atterri. Au contact du sol, les roues émettent un petit nuage de fumée qui se dissipe rapidement.
18h43. Un vol de ANA décolle. Encore un avion devant nous et quatre derrière nous.
18h45. China Eastern décolle.
18h46. China SSS atterri.
Nous sommes les prochains.
18h46. La piste illuminée s'étend devant nous.
18h50. Accélération, boule dans le ventre au moment où les roues quittent le sol, encore un regard sur l'aéroport.
Je quitte la Chine sous un temps indescriptible. Chaud et couvert. Étouffant. Pollué.
18h52. Au-dessus du voile de pollution, le ciel est bleu, parsemé de nuages qui s'embrasent alors que le soleil se couche.
18h56. Écharpes en apesanteur, voiles de soie... Les nuages, entre le gris et le bleu, sont magnifiques.
20h26 / 21h26. Le retard semble être le mot d'ordre de ce voyage. Nous devions arriver à 21heures.
Devançant le temps, l'avion a rattrapé la nuit qui nous entoure entièrement. Les lumières qui clignotent par intermittence sur l'aile me permettent de deviner d'abondantes gouttes de pluie. Je n'ai pas pris d'imperméable.
J'arriverai donc au Japon dans la nuit noire, sans avoir pu observer le sol loin sous mes pieds avant.
C'est dommage, mais je ne vais pas me formaliser.
20h31 / 21h31. Les lumières de la cabine s'allument. Les hôtesses s'inclinent. L'atterrissage est annoncé.
20h40 / 21h40. Je découvre les environs de Nagoya.
Îlots lumineux qui se détachent du grand voile noir de la nuit.
20h44 / 21h44. La ville, myriade de points lumineux qui semblent s'étendre à l'infini, me fait oublier la déception de mon horaire d'arrivée.
20h51 / 21h51. Avec presque une heure de retard, nous avons atterri.
Une boule d'appréhension se forme au creux de mon estomac alors que l'excitation me donne envie de danser.
Me voilà arrivée dans l'un des pays de mes rêves, sans en parler la langue.

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