29 Juin 2012
15h05. Le vol était prévu à 13h40.
La Mongolie refuse que l'avion survole son espace aérien aussi nous
voilà coincés au sol. Les relations sino-mongoles ont sûrement
quelque chose à voir avec cela, mais je n'en suis pas tout à fait
sûre, et je préfère ne pas me triturer l'esprit avec de telles
questions.
A Shanghai, ma correspondance d'un peu
plus de deux heures me semble sérieusement mise en danger. Je n'ai
pas encore de carte d'embarquement, je ne connais pas l'aéroport, et
si par chance je parviens à avoir ma correspondance, je ne saurai
qu'à l'arrivée si ma valise a eu tant de chance.
15h14. A travers le hublot, j’aperçois
un dôme en pierre. Présence étrange, presque incongrue au milieu
de ce paysage de goudron, de vestes fluos, de tôle blanche et de
containers.
15h17. L'agitation monte peu à peu. Le
personnel de bord décide de proposer des rafraîchissements aux
passagers.
15h25. Un verre d'orange dans une main,
mon billet dans l'autre, je me demande comment je vais finir mon
voyage.
15h40. Que dire de plus ?
15h45. Après les boissons, c'est une
collation qu'on nous apporte.
Quoi qu'il en soit, je ne suis plus
tranquille du tout.
15h52. Correction. Après les boissons,
c'est un repas complet qu'on nous apporte.
16h39. Je relève la tête de mon petit
guide de japonais...
La moitié des passagers s'est levée,
des groupes de discussion se sont formés...
Quelque chose me dit que nous ne sommes
pas prêts de partir et que je vais devoir attendre quelques heures
de plus avant d'atteindre la destination tant attendue.
17h40. L'avion s'ébranle ;
rejoins la piste de décollage et s'arrache au sol... Enfin.
30 Juin 2012
3h16 / 9h16. Les lumières de la cabine
se rallument. Nous arriverons dans une heure et quarante-cinq
minutes.
Après une nuit entrecoupée de
turbulences, de pleurs d'enfants, ou tout simplement d'encas, je sors
difficilement de ma torpeur, d'autant plus que je venais juste de
trouver une position confortable. Typique.
Comme le dîner et l'encas de la
veille, le petit-déjeuner est insipide.
4h25 / 10h25. L'atterrissage est
annoncé dans trente-cinq minutes.
L'anglais du personnel de bord est
tellement approximatif que je ne sais toujours pas ce qui m'attend à
Shanghai.
14h55. Tranquillement assise dans un
café cosy de l'aéroport, avec du thé et une part de cheesecake à
la mangue, je révise les phrases et expressions basiques dont
j'aurai sûrement besoin.
La sortie de l'avion et l'arrivée à
l'aéroport ne présageaient portant pas une fin aussi calme.
Sans information aucune, ou plutôt
sans information dans une autre langue que le mandarin, nous avons
quitté l'avion et suivi celui qui était devant nous, véritables
moutons égarés, dans les couloirs blancs et propres.
Puis nous avons passé la douane, ce
qui n'était absolument pas au programme. Sans visa, sans avion, sans
indication et bientôt sans passeport.
Enfin, des employés s'adressent à
nous dans un anglais plus ou moins bon. Tout ce que j'en tire comme
information est qu'ils n'en savent pas plus que moi et que tant que
la situation ne présentera pas de solution, ils garderont les
passeports.
Une heure d'attente avant que les plus
téméraires, fatigués, nerveux ne commencent à bousculer les
douaniers.
Finalement, on nous envoie chercher nos
bagages.
Lorsque je reviens, la situation semble
miraculeusement se débloquer.
Je récupère mon passeport et gagne un
visa chinois par la même occasion. Puis on nous renvoie à un
comptoir pour faire enregistrer nos bagages.
Je ressors de cet épisode avec un
billet pour Nagoya, qui commence l'embarquement dans plus de quatre
heures.
En attendant, je joue la traductrice,
je visite l'aéroport, j'en sors quelques minutes. Finalement, je
choisi un café dont les fauteuils écrus me tentent ; il est
alors 14heures et je suis la seule à commander autre chose qu'un
menu complet.
17h04. Rattrapée par la fatigue, je
me suis endormie dans la salle d'attente pour le vol vers Nagoya,
avec un indubitable manque d'élégance.
C'est le son d'un harmonica qui me
réveille doucement.
Assis dans un coin de la pièce, un
homme joue doucement des chansons nostalgiques.
Autour de moi, le nombre de voyageurs
chinois a considérablement baissé, remplacés par des japonais qui
rentrent chez eux.
18h28. Assise à la fenêtre, je
regarder les avions qui décollent, alors que le notre s'ébranle et
avance doucement vers la piste...
18h39. Un avion de China Southern se
lance sur la piste et c'est avec un sentiment de bonheur mêlé
d'appréhension que je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse dans
le coin de mon hublot. J'aime toujours autant cette sensation.
18h41. Un avion de DragonAir atterri.
Au contact du sol, les roues émettent un petit nuage de fumée qui
se dissipe rapidement.
18h43. Un vol de ANA décolle. Encore
un avion devant nous et quatre derrière nous.
18h45. China Eastern décolle.
18h46. China SSS atterri.
Nous sommes les prochains.
18h46. La piste illuminée s'étend
devant nous.
18h50. Accélération, boule dans le
ventre au moment où les roues quittent le sol, encore un regard sur
l'aéroport.
Je quitte la Chine sous un temps
indescriptible. Chaud et couvert. Étouffant. Pollué.
18h52. Au-dessus du voile de pollution,
le ciel est bleu, parsemé de nuages qui s'embrasent alors que le
soleil se couche.
18h56. Écharpes en apesanteur, voiles
de soie... Les nuages, entre le gris et le bleu, sont magnifiques.
20h26 / 21h26. Le retard semble être
le mot d'ordre de ce voyage. Nous devions arriver à 21heures.
Devançant le temps, l'avion a rattrapé
la nuit qui nous entoure entièrement. Les lumières qui clignotent
par intermittence sur l'aile me permettent de deviner d'abondantes
gouttes de pluie. Je n'ai pas pris d'imperméable.
J'arriverai donc au Japon dans la nuit
noire, sans avoir pu observer le sol loin sous mes pieds avant.
C'est dommage, mais je ne vais pas me
formaliser.
20h31 / 21h31. Les lumières de la
cabine s'allument. Les hôtesses s'inclinent. L'atterrissage est
annoncé.
20h40 / 21h40. Je découvre les
environs de Nagoya.
Îlots lumineux qui se détachent du
grand voile noir de la nuit.
20h44 / 21h44. La ville, myriade de
points lumineux qui semblent s'étendre à l'infini, me fait oublier
la déception de mon horaire d'arrivée.
20h51 / 21h51. Avec presque une heure
de retard, nous avons atterri.
Une boule d'appréhension se forme au
creux de mon estomac alors que l'excitation me donne envie de danser.
Me voilà arrivée dans l'un des pays
de mes rêves, sans en parler la langue.
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