mardi 3 janvier 2012

10907.88 kilomètres, 7heures de décalage, 20heures de voyage.

Samedi 17 Décembre ; Je suis épuisée. Et pourtant je n'ai pas dormi de le nuit... Trop excitée. Je ferme la porte de mon petit chez-moi après un coup de stress de dernière minute.
Deux heures de train que je ne vois pas passer, le sommeil a fini par me vaincre. Je suis tout de même anxieuse : la grève annoncée des trains n'existe pas, mais aucun avion ne décolle depuis hier depuis Lyon et à Paris des grèves se font sentir... Si on n'enregistre pas nos bagages, il faudra se battre pour prendre l'avion. La queue pour l'enregistrement est très longue mais pas à cause des grèves : les tapis roulants ne fonctionnent pas... Tout se passe bien, nous sommes dans la salle d'embarquement et nous attendons. Finalement, nous ne partons qu'avec une heure de retard ; nous aurons notre correspondance sans soucis.
L'avion est gigantesque, luxueux, agréable et l'équipage est parfait : je n'avais pas voyagé en avion dans de telles conditions depuis des lustres, je suis ravie... Et épuisée. Je ne pense pas à me renseigner sur l'avion, je ne profite pas de la télé-musique-jeux rien que pour moi, je me rend à peine compte des repas et je dors.
Dubaï... Il est minuit heure locale. Tous les magasins de l'aéroport sont ouverts. Tout l'aéroport est illuminé. Immense aéroport. Il nous faut 30 minutes à longer un long couloir bordé de magasins en tout genres pour arriver devant la salle d'embarquement encore fermée. Je m'assied par terre et je dors, encore.
Nous embarquons sans encombre. L'équipage est légèrement moins parfait que le précédent, mais il reste extraordinaire. Lorsque l'éclairage de la cabine s'éteint, je remarque que le plafond tout au long des allées veut donner l'impression d'un ciel étoilé. Je souris et je m'endors.
Arrivée à l'aéroport de Manille. La descente ne m'a pas permis de me rendre compte de la taille de la ville ou d'en avoir un aperçu global. J'ai juste le temps de voir un quartier aux maisons très colorées mais dont la vivacité cache mal la pauvreté. Nous atterrissons. J'y suis : Manille, Philippines, 10907.88 kilomètres, 7heures de décalage, 20heures de voyage... J'y suis. Nous sortons de l'avion, et nous dirigeons vers la douane ; j'ai hâte et mon impatience est à son paroxysme. Dans la file d'attente avant le passage à la douane, j'entends des français dans la file à côté de la notre... Et puis j'entends mon nom. Je mets quelques secondes avant de réagir : mon père et ma petite sœur sont là. Je ne comprend pas mais je m'en fiche et je lui saute dans les bras. J'y suis, enfin.
Ils ont eu un badge qui leur permet de venir nous chercher avant que nous ayons passé la douane. Nous allons chercher nos bagages puis nous sortons.
Il fait chaud et je ne m'en réellement compte qu'une fois à l'entrée de l'aéroport. Le chauffeur nous attend devant avec la voiture et je me rend compte que j'avais oublié ce mode de vie : gênée, je le laisse rentrer mes affaires dans le coffre. Après quelques formalités, nous partons dans la voiture vers Los Banos, à 60 kilomètres au Sud de Manille. A la fenêtre, appareil photo à la main, je commence à mitrailler. Des panneaux publicitaires géants longent la gigantesque artère. Puis nous nous dirigeons vers le skyway : la route des riches, de ceux qui ont les moyens de payer le passage, mais aussi celle qui évite d'être coincé dans les embouteillages monstres de la capitale. Il n'y a personne sur les routes. Je ne sais plus où donner de la tête, entre mon père et ma sœur et le paysage. Je finis par laisser mon appareil photo. Nous arrivons à Los Banos, puis devant le petit immeuble de la société. 2ème étage, appartement 61. Je découvre cette maison dans laquelle je n'ai jamais vécue. Je vide ma valise des kilos de fromages, des paquets de bonbons, du chocolat, des papillotes, des marrons glacés, des fournitures qui m'ont été commandées. Le soir, je m'endors en quelques minutes et je dors plus que de raison : je commence enfin à me remettre de la fatigue qui me pèse sur les épaules depuis un mois.
Lundi 19 Décembre ; les vacances commencent ici, je le sens. Mis à part les commandes de mon père et de ma sœur, les trois cadeaux que j'ai eu le temps d'acheter, les quelques habits (insuffisants pour finir une seule semaine), mon maillot de bain, mon appareil photo, les trois quatre cahiers de cours que je ne compte pas ouvrir et qui ne sont là que pour la bonne conscience, le nouveau livre de fantasy que je lirai sans aucun doute, mon ancien pc détruit dont on compte extraire les données encore sauvables pour 5 pauvres euros, ma valise est vide. Je n'ai que la paire de chaussures que j'avais pour le voyage : des boots parfaites pour la France. Direction le centre commercial de la ville. Nous passons par le travail de mon père d'abord, pour qu'il aille retirer de l'argent au guichet. Pour cela, nous traversons le campus de l'université : campus typiquement américain car construit par les américains il y a un siècle. Seules quelques étudiants errent dans l'énorme campus, ce qui ne fait qu'augmenter l'impression de vide. Nous arrivons à l'IRRI. Nous passons devant la guérite d'un portail et le gardien nous salue très officiellement. C'est immense. A droite, des rizières et à gauche toute une suite de bâtiments en tout genres ; l'un deux arborent fièrement toute une palette de drapeaux et je me rend alors compte que mon père n'avait jamais travaillé dans un milieu aussi international par le passé.
Direction le centre commercial : Robinson's. A l'entrée, un garde vérifie rapidement nos sacs et bien que la fouille ne soit pas très poussée je suis surprise ; j'apprends que c'est comme ça dans tous les grands lieux publics: le terrorisme et les règlements de comptes sont un problème. Nous achetons des chaussures, puis nous faisons quelques achats : faire les boutiques dans un lieu où tout est différent me semble d'un seul coup palpitant et je ne m'arrête pas de passer de rayon de vêtements en rayon de vêtements... Nous rentrons, je regarde un peu la télé avant le déjeuner : plus d'une centaine de chaînes dont une en français.
Je vais faire une sieste et je me rend compte que les dix minutes que j'avais annoncé ont triplé voire quadruplé... Tant pis. J'ai envie de sortir, de tout voir. Mon père nous propose un petite balade, j'accepte. Le jardin botanique où il voulait nous emmener est fermé depuis trente minutes au moins : il est seize heures trente. Tant pis, nous nous contenterons de faire un petit tour du campus. J'ai enfin l'occasion de m'approcher des tricycle et des jeepney, c'est transports en commun typiques : j'ai envie d'en prendre un. Nous faisons le tour du terrain de sport recouvert d'une pelouse parfaite et parfaitement naturelle : il pleut beaucoup aux Philippines. Je me rend compte qu'autour de moi tout est vert. Je me souviens de la sécheresse et de la poussière à Bamako, des quelques arbres qui se battaient en duel dans la ville et je souris en voyant qu'ici, tout n'est que végétation, arbres immenses et végétation.
Nous finissons par rentrer, rattrapés par la nuit. Le lendemain, nous irons à Alabang, un des quartiers commerciaux à l'extrémité sud de Manille ; mon père et ma petite sœur discutent de nombreuses minutes avant de décider dans quel centre commercial ils vont nous emmener : je me demande combien de centres commerciaux il peut bien y avoir...

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